Friday, July 20, 2012

Des ponts et des tunnels contre les flots de passagers

Vues à vol d’oiseau, les voies entrantes à la gare de Zurich.















Vues à vol d’oiseau, les voies entrantes à la gare de Zurich. (Keystone)




De plus en plus de voyageurs, des horaires cadencés, des réseaux de banlieue toujours plus denses et de véritables centres commerciaux en sous-sol: tout cela a amené les grandes gares suisses au bord de la saturation. Coup d’œil sur les chantiers en cours à Zurich et à Genève.


Avec 3000 trains qui y entrent et qui en sortent chaque jour, la gare centrale de Zurich est une des plus fréquentées du monde. Et sur l’ensemble de la Suisse, presque un million de personnes, pendulaires ou touristes, prennent quotidiennement le train. Tendance: fortement à la hausse.

Les estimations officielles de la Confédération tablent sur une hausse de 45% jusqu’en 2030. Les flots de voyageurs qui se croisent sur les quais et dans les couloirs, surtout aux heures de pointe, sont en hausse constante. Résultat: de plus en plus de gares suisses arrivent à leurs limites de capacité.

Mais la hausse du nombre de passagers n’est pas seule en cause. «L’horaire cadencé et le développement des nœuds de communication ont eu pour effet que de plus en plus de gens changent de train au même moment. Et ceci sur des espaces de temps très courts. La plupart des correspondances ont lieu autour de l’heure et de la demie. Et le développement des réseaux de banlieue apporte encore plus de monde dans les gares», explique Ulrich Weidmann, de l’Institut pour la planification du trafic et des systèmes de transport de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

«A cela s’ajoute encore un autre facteur, poursuit le spécialiste. La commercialisation, soit le fait que les gares font aujourd’hui de plus en plus office de centres commerciaux. Ce qui fait qu’il y a aussi à la gare des gens qui ne voyagent pas du tout».

Les grands chantiers urbains

Qu’elles soient d’une grande ou d’une petite cité, les gares du pays ont en commun, non seulement de se trouver au milieu des villes, mais également d’avoir grandi continuellement au fil des décennies. «La demande est longtemps restée constante, ou en légère augmentation. Mais depuis 20 ans, elle augmente clairement, et plus qu’elle ne l’a jamais fait par le passé», constate Ulrich Weidmann.

Dans les 10 à 15 années à venir, les Chemins de fer fédéraux (CFF) vont lancer de grands chantiers dans les gares qui constituent les nœuds du réseau. Il ne s’agit pas simplement de rénover les bâtiments et les quais, mais également de rajouter des voies. Des travaux d’envergure sont prévus à Berne, à Bâle, à Lucerne et à Saint-Gall.

A Genève et à Zurich, les travaux sont déjà en cours. L’agrandissement de la gare de Zurich et la réalisation de ce que l’on nomme la «ligne diamétrale» est, avec son coût prévu de 2 milliards de francs, le plus grand projet de construction urbain de Suisse. «Jusqu’à un certain point, on peut augmenter l’efficacité d’une gare avec un ensemble de petites mesures, mais il arrive un stade où l’on doit faire un grand pas, et alors, cela devient vraiment énorme», explique Ulrich Weidmann.

Gain de temps et perspectives spectaculaires

Le trajet en train entre Berne et Zurich prend 56 minutes. Aucun autre moyen de transport ne permet d’approcher cette rapidité. Mais avant de repartir dans l’autre sens pour l’aéroport et pour Saint-Gall, le train reste neuf minutes à quai. La gare centrale de Zurich en effet est une gare en cul-de-sac. La nouvelle ligne diamétrale fera gagner du temps aussi bien aux Intercity qu’aux trains de banlieue (S-Bahn).

Cette ligne comprend trois grands ouvrages: le tunnel de Weinberg, qui permettra aux trains de rejoindre Oerlikon par une voie souterraine et sans changement, une nouvelle gare de transit, 16 mètres sous les voies de la gare centrale, et à l’ouest, deux ponts qui enjamberont les voies parallèlement à celles-ci et croiseront les ponts routiers à angle droit.

Culminant jusqu’à une hauteur de 20 mètres, portés par 30 piliers sur plus d’un kilomètre et demi en longueur, les deux ponts marqueront fortement le paysage urbain. Et depuis le train, la vue sur la ville promet d’être spectaculaire.

Des nouvelles voies à Genève aussi

Poussée aux limites elle aussi, la gare de Genève Cornavin ne reçoit pourtant que 500 trains par jour. Mais 2017 devrait voir l’ouverture des 16 kilomètres de voies prévus depuis un siècle vers Annemasse, en France voisine.

«Quand cette ligne sera en service, les installations de la gare Cornavin atteindront leurs limites de capacité», explique Reto Kormann, porte-parole des CFF. Pourtant, les responsables du chemin de fer s’attendent à un doublement des capacités de transport entre Lausanne et Genève d’ici à 2030. Et pour cela, on aura besoin non seulement de plus de trains, mais aussi de plus de quais pour ces trains et pour le transbordement des passagers.

Plus à jour

Les CFF prévoient donc d’ajouter deux voies et un quai à la gare Cornavin. Selon l’état actuel de la planification, les travaux devraient débuter au plus tôt en 2020. Mais les habitants du quartier combattent cette extension, qui ferait perdre 150 logements. Ils exigent que les nouvelles voient soient construites en tunnel.

Du côté des CFF, on préfère évidemment la solution au grand air, qui ne coûterait «que» 900 millions de francs, contre 1,7 milliard pour la variante en tunnel.

En attendant, le bâtiment principal de la gare est déjà en rénovation. Classé monument historique, il doit être préservé dans son aspect extérieur. Le bâtiment a donc été évidé afin de pouvoir aménager et moderniser l’intérieur. Cette seconde phase devrait s’achever à la fin 2013. «Cette gare n’était simplement plus à jour. Nous devions l’adapter aux fréquences et aux flots de passagers qu’elle connaîtra à l’avenir», commente Reto Kormann.

Les agressions à l’hôpital continuent


Crédit photo: 123rf.com
Après la vague de protestation des internes et résidents contre les agressions physiques et verbales qu’ils subissent sur leur lieu de travail et l’absence d’un personnel de sécurité efficace, un programme a été mis en place conjointement entre le ministère de la santé publique et le ministère de l’intérieur.
En attendant la mise en pratique de ce programme, les agressions continuent.
L’hôpital Abdel Rahmen Mami à l’Ariana, a tremblé sous les menaces de mort de la famille d’un patient décédé.
Tout a commencé quand la résidente de garde aux urgences, après concertation avec son supérieur a renvoyé un patient chez lui avec un rendez vous à la consultation externe. Ce dernier ne présentait pas de signes évidents de détresses qui nécessitaient son hospitalisation et ne répondait pas aux critères d’hospitalisation.
Le médecin de garde a refusé de l’hospitaliser malgré l’insistance de ses parents et il a été traité en ambulatoire aux urgences.
Quelques jours plus tard, l’état de santé de ce patient s’est altéré et a du être hospitalisé au service de réanimation où il est décédé.
La famille du patient a alors rejeté toute la faute sur la résidente qui était de garde lors de sa première consultation. La faute médicale n’a toute fois pas été établie.
Toujours est –il que la famille du défunt a jugé meilleur de faire justice par elle même.
Grace à une camionnette, ils sont rentrés dans l’hôpital. Armés de sabres et de couteaux, ils menaçaient le personnel médical et juraient de ne pas lâcher prise avant d’avoir tué le médecin en question.
Un médecin sur place rapporte :
«…il s’agit de jeunes d’un quartier chaud de la capitale dans un état d’agitation extrême, ils ont d’ores et déjà saccagé les urgences et menacent de les brûler et injurient les médecins et tout le personnel hospitalier, consomment du cannabis et de l’alcool dans l’enceinte de l’hôpital, ils y’en a même aujourd’hui qui se sont auto mutilés, assurant un spectacle a la fois terrifiant et désolant ! »
Les intrus ont réussi à obtenir le nom du médecin de garde aux urgences qui a refusé l’admission de leur proche et menacent ouvertement de la tuer.
Brandissant leurs armes, ils ont fait le tour de l’hôpital en criant « comme leur proche, ce médecin sortira aussi dans un cercueil ».
La direction de l’hôpital a été contactée par le responsable du SIRT (Syndicat des Internes et Résidents en médecine de Tunis) et les médecins de l’hôpital, a qui elle a répondu « vous voyez bien, la résidente n’est pas sortie dans un cercueil ».
La police a été appelée qui a promis une patrouille régulière mais pas de policier en poste sur place.
Sur la page de l’association des jeunes médecins ont a pu lire « Le problème a été réglé assez rapidement du moment que les autorités en ont été informées (il existe désormais un “choc room” au sein du ministère de la santé) c’est les médecins eux même qui ont donné l’alerte. Tout est rentré dans l’ordre. »

Drogue injectable en Tunisie : Interview du Dr Tahar Cheniti, SG du Croissant Rouge


Engagé depuis des années comme volontaire auprès du Croissant Rouge Tunisien (CR), le docteur Tahar Cheniti en connait tous les rouages. « J’ai commencé parce que j’étais médecin du travail et que je voyais trop d’accidents arrivés sans que les premiers secours ne soient donnés. » Il prend alors en charge la section Secourisme. Aujourd’hui il est secrétaire générale du Croissant Rouge Tunisien et n’a rien perdu de sa volonté d’agir. Entre l’organisation de la distribution de repas pour les nécessiteux pour le Ramadan ou celle d’un événement autour de la préservation de l’environnement, il répond aux questions de Nawaat sur la consommation de la drogue en Tunisie.
Nawaat : Quel type de drogue consomme-t-on en Tunisie ?
Dr Cheniti : Nos jeunes, quand ils s’initient à la drogue, le font en sniffant de la colle, qui est ce que l’on appelle la drogue du pauvre. En effet les jeunes Tunisiens n’ont pas forcement les moyens de se payer autre chose. Ici on commence avec de la colle forte et un sac de plastique. Le cerveau récupère les vapeurs des solvants qui viennent se déposer sur la matière graisseuse du cerveau qui donne cette euphorie que les jeunes recherchent. Pour ce qui est des drogues injectables la situation a évolué. Les toxicomanes commencent par consommer des comprimés en faisant des cocktails de comprimés neuroleptiques prescrits par les médecins aux personnes ayant des troubles mentaux : des somnifères ou des neuroleptiques…
Les utilisateurs en font des mélanges pour avoir des effets euphorisants. Il y a même eu des pressions sur les médecins qui prescrivent ces ordonnances. Ces derniers sont méfiants quand ils font leur prescription surtout pour les médicaments classés.
Malgré tout certaines personnes trichent et vont même jusqu’à essayer d’acheter les ordonnances des malades.
Nawaat : Quant est-il des drogues dures ?
Dr Cheniti : En fait quand quelqu’un est addict en Europe on donne des traitements de substitution : du Subutex principalement. On a remarqué qu’en Tunisie certains consommateurs de drogue prenaient ces comprimés, les écrasaient et en faisaient un mélange avec du sérum physiologique. Puis se l’injectaient. Il y a donc des toxicomanes qui utilisent ces produits, en les important de manière illégale car ces produits ne sont pas commercialisés en Tunisie.
Les comprimés sont découpés pour avoir plusieurs doses. Et les toxicomanes s’injectent partout dans le corps, dans le cou par exemple parce qu’ils n’ont plus de veines dans les bras. C’est là qu’on voit qu’ils sont vraiment accros.
Nawaat : Comment entrent ces produits en Tunisie ?
Dr Cheniti : Les circuits de drogue sont multiples. Mais ces produits entrent tous en contrebande : la destination finale est souvent la Libye. Le circuit terrestre habituel part du Maroc, passe par l’Algérie pour servir la Libye. Le fait est que géographiquement la Tunisie est un carrefour. Surtout pour la voie terrestre. C’est pour cela que les frontières du sud du pays sont très surveillées.
Si ce n’est pas par terre, le transport se fait par mer. Or quand certains trafiquants voient qu’ils vont être interceptés ils jettent leur cargaison à la mer. Et finalement au bout de quelques jours cette cargaison refait surface et se retrouve sur les plages. Dans les statistiques de la Brigade des stupéfiants ont trouve d’ailleurs répertoriée la quantité de drogue ramassée sur les plages. Il s’agit le plus souvent de cannabis. Mais finalement la surveillance côtière s’est accentuée du fait de la migration clandestine donc il y a moins d’entrée.
Pour ce qui est de la voie aérienne il y a de moins en moins d’entrée par avion car les aéroports sont très surveillés maintenant, c’est le plus difficile.
Nawaat : La consommation a-t-elle augmentée ?
Dr Cheniti : Il n’y a pas de statistiques officielles. On a l’impression que la consommation augmente mais je pense que c’est artificiel. Avant sous l’ancien régime on ne pouvait pas en parler. Aujourd’hui on fait face à la réalité. Et puis il y a eu beaucoup de reportages dans les prisons et on a vu qu’il y a beaucoup de gens détenus pour consommation de drogue en fait. Est-ce que ce sont les mêmes chiffres qu’avant mais révélés aujourd’hui parce qu’il y a plus de transparence ? Moi je suis tenté de le croire car la drogue demande des moyens. Or avec la crise les gens ont moins d’argent.
On a l’impression que la consommation augmente mais c’est peut-être parce que la police fait plus régulièrement qu’avant des contrôles et des prises de sang.
Nawaat : Y-a-t-il d’autres drogues injectables utilisées en Tunisie ?
Dr Cheniti : Quand on parle de drogue injectable on parle surtout de la cocaïne, mais qui a les moyens de consommer ça ici ? Et quand on prend de la cocaïne ou du crack il y a un besoin quotidien. Or les Tunisiens qui peuvent se payer ce genre de drogue sont peu nombreux.
Nawaat : Quelle est la position des autorités ?
Dr Cheniti : La législation a toujours été très sévère. Ici nous ne sommes pas prêt de légaliser l’usage de la drogue douce.
Il existe à Sfax un centre de prévention pour sortir de la dépendance mais sa capacité est très déduite : 68 lits pour 400 dossiers en attente. Il y a une grande demande, surtout familiale. Quand la famille constate un comportement étrange. Elle demande alors de l’aide pour aider le jeune à se désintoxiquer et à changer de comportement. Mais le résultat ne peut être là que si il y a volonté de s’arrêter. Il faut que le patient soit convaincu et qu’il se décide à s’arrêter. Sinon il y a beaucoup de rechute.
Le problème c’est que quand on attrape un jeune qui était dans une assemblée de jeunes qui fumaient par exemple, s’il ne passe pas par ce genre de centre et qu’il va en prison il devient un professionnel. En prison il va apprendre tout ce qu’il ne devrait pas connaître. C’est un constat que le monde professionnel fait : médecins comme policiers.
Nawaat : Quel lien avec le développement du SIDA ?
Dr Cheniti : Le problème vient de l’utilisation des seringues avec des consommateurs qui utilisent la même aiguille et se transmettent le virus. En Tunisie la vente d’aiguille n’est pas autorisée librement. A l’étranger il y a des systèmes performants. En Italie par exemple la Croix Rouge a des ambulances spécialisées dans la fourniture d’aiguille. Les toxicomanes viennent, prennent une seringue, se shootent et ramènent la seringue dans une poubelle spécialement amenagée pour ça. Il y a aussi un centre de substitution au cœur de Rome. Les gens qui veulent se désintoxiquer sont pris en charge via un programme de substitution. Ce centre sert aussi quand des jeunes sont arrêtés, pour leur éviter la prison. Ils y sont placés et ne peuvent pas sortir temps qu’ils ne sont pas désintoxiqués. Si ils sortent alors ils encourent une peine de prison. Il y a là une vraie prise en charge du patient pour l’aider à sortir de la dépendance.

La bataille de Damas a commencé


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Venant de l’étranger, les "Contras" ont débuté leur invasion de la Syrie en prenant des postes frontière.
Voici cinq jours que Washington et Paris ont lancé l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie ». Il ne s’agit pas d’une nouvelle campagne de bombardements aériens, mais d’une opération de guerre secrète, comparable à celle conduite à l’époque Reagan en Amérique centrale.
40 à 60 000 Contras, principalement libyens, sont entrés en quelques jours dans le pays, le plus souvent par la frontière jordanienne. La majorité d’entre eux sont rattachés à l’Armée « syrienne » libre, structure paravent des opérations secrète de l’OTAN, placée sous commandement turc. Certains sont affiliés à des groupes de fanatiques, dont Al-Qaida, placés sous commandement du Qatar ou d’une faction de la famille royale saoudienne, les Sudeiris. Au passage, ils ont pris quelques postes frontières, puis ont rejoint la capitale où ils ont semé la confusion en attaquant au hasard les cibles qu’ils trouvaient : groupes de policiers ou de militaires isolés.
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Les généraux Hassan Turkmani, Daud Rajha et Assef Chawkat, tombés au champ d’honneur, le 18 juillet 2012.
Mercredi matin, une explosion a détruit le siège de la Sécurité nationale où se réunissaient quelques membres du Conseil de sécurité nationale. Elle aurait coûté la vie au général Daoud Rajha (ministre de la Défense), au général Assef Chawkat (ministre adjoint) et au général Hassan Turkmani (adjoint du vice-président de la République). Les modalités de l’opération restent incertaines : il pourrait s’agir aussi bien d’un attentat suicide que d’un tir de drone furtif.
Washington espérait que la décapitation partielle de l’appareil militaire conduirait quelques officiers supérieurs à faire défection avec leurs unités, voire à se retourner contre le gouvernement civil. Il n’en a rien été. Le président Bachar el-Assad a immédiatement signé les décrets nommant leurs successeurs et la continuité de l’État a été assurée sans faille.
À Paris, Berlin et Washington, les commanditaires de l’opération se sont livrés au jeu indigne consistant à condamner l’action terroriste tout en réaffirmant leur soutien politique et logistique militaire aux terroristes. Sans honte, ils ont conclu que la responsabilité de ces assassinats ne revenait pas aux coupables, mais aux victimes en ce qu’elles avaient refusé de démissionner sous leur pression et de livrer leur patrie aux appétits occidentaux.
Caracas et Téhéran ont adressé leur condoléances à la Syrie, soulignant que l’attaque a été commanditée et financée et par les puissances occidentales et du Golfe. Moscou a également adressé ses condoléances et affirmé que les sanctions requises au Conseil de sécurité contre la Syrie équivalaient à un soutien politique aux terroristes qui l’attaquent.
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Le ministre de l’Information, Omran al-Zou’bi, s’exprime à la télévision nationale après l’attentat qui a partiellement décapité l’Armée syrienne
Les chaînes de télévision nationales se sont mises à diffuser des clips militaires et des chants patriotiques. Interrompant les programmes, le ministre de l’Information Omran al-Zou’bi a appelé à la mobilisation de tous : le moment n’est plus aux querelles politiques entre gouvernement et opposition, c’est la Nation qui est attaquée. Rappelant l’article de Komsomolskaïa Pravdadans lequel je décrivais l’opération médiatique de démoralisation préparée par les chaînes occidentales et du Golfe [1], il a alerté ses concitoyens sur son déclenchement imminent. Puis, il a démenti l’intox des chaînes du Golfe selon lesquelles une mutinerie aurait éclaté au sein de la 4ème division et des explosions auraient dévasté sa principale caserne.
Les chaînes nationales ont diffusé plusieurs fois par heure des bandes-annonces indiquant comment capter leurs programmes sur Atlantic Bird en cas d’interruption des satellites ArabSat et NileSat.
Au Liban, sayyed Hassan Nasrallah a rappelé la fraternité d’armes qui unit le Hezbollah à la Syrie face à l’expansionnisme sioniste, et a assuré l’Armée syrienne de son soutien.
L’attentat a été le signal de la seconde partie de l’opération. Les commandos infiltrés dans la capitale ont alors attaqué diverses cibles, plus ou moins choisies. Ainsi, un groupe d’une centaine de Contras a attaqué la maison qui jouxte mon appartement au cri d’Allah Akbar !. Un haut responsable militaire y réside. Dix heures de combat ininterrompu ont suivies.
Alors qu’au début de la nuit, l’Armée ripostait avec mesure, l’ordre parvenait un peu plus tard de faire usage de la force sans retenue. Il ne s’agissait plus de lutter contre des terroristes venus déstabiliser la Syrie, mais de faire face à une invasion étrangère qui ne dit pas son nom et de sauver la patrie en danger.
L’aviation est entrée en action pour anéantir les colonnes de mercenaires se dirigeant vers la capitale.
En fin de matinée, le calme revenait progressivement dans l’agglomération. Les Contras et leurs collaborateurs étaient partout obligés de se retirer. La circulation était rétablie sur les grands axes routiers, et des barrages filtrants étaient installés dans le centre ville. La vie reprenait. Cependant, on entend encore des tirs épars ici ou là. La plupart des commerces sont fermés, et il y a de longues files d’attente devant les boulangeries.
Chacun s’attend à ce que l’assaut final soit lancé dans la nuit de jeudi à vendredi et la journée de vendredi. Il ne fait guère de doute que l’Armée syrienne en sortira à nouveau victorieuse car le rapport de force est tout à son avantage, et que cette armée de conscription est soutenue par la population, y compris par l’opposition politique intérieure.
Comme prévu, ArabSat et NileSat ont déconnecté le signal de la télévision Ad-Dounia en milieu d’après-midi. Le compte Twitter d’Ad-Dounia a été piraté par la CIA pour diffuser de faux messages annonçant une retraite de l’Armée syrienne.
Les chaînes du Golfe ont annoncé un effondrement de la monnaie préludant la chute de l’État. Le gouverneur de la Banque centrale, Adib Mayaleh, est intervenu sur la télévision nationale pour démentir cette nouvelle intox et confirmer le taux de change de 68,30 livres syriennes pour un dollar US.
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Conférence de presse du général Robert Mood sur la bataille de Damas qu’il observe depuis sa chambre d’hôtel.
Des renforts ont été déployés aux alentours de la place des Omeyyades pour protéger les studios de la télévision publique qui sont considérés comme une cible prioritaire par tous les ennemis de la liberté. Des studios de remplacement ont été installés dans l’hôtel Rose de Damas où se prélassent les observateurs des Nations Unies. La présence de ceux-ci, qui ont laissé perpétrer l’attaque de la capitale sans interrompre leur farniente, sert de facto de protection pour les journalistes syriens qui tentent d’informer leurs concitoyens au péril de leur vie.
Au Conseil de sécurité, la Fédération de Russie et la Chine ont opposé pour la troisième fois leur veto à une proposition de résolution occidentale et du Golfe visant à rendre possible une intervention militaire internationale. Leurs représentants ont inlassablement dénoncé la propagande visant à faire passer l’attaque extérieure contre la Syrie comme une révolte réprimée dans le sang.
La bataille de Damas devrait reprendre cette nuit.

Communiqué Boats 4 People : Ensemble en Tunisie pour la liberté de circulation


Communiqué Boats 4 People n°6
Ensemble en Tunisie pour la liberté de circulation !
Après une mission d’observation sur l’île de Pantelleria, le bateau Oloferne, qui conduit la première action de Boats 4 People est arrivé le mercredi 10 juillet 2012 au port de Monastir. Au même moment, deux délégations de Boats 4 People se déplaçaient en Tunisie. L’une s’est rendue à l’hopital de Zarzis pour rencontrer l’unique survivant du naufrage de plus de 50 migrants au large de la Libye. La seconde est partie pour le camp de Choucha afin d’y recueillir les revendications des réfugiés. Ce témoignage et ces revendications seront portées aux journées préparatoires du Forum Social Mondial qui se tiennent du 12 au 17 juillet à Monastir.
La journée du 13 juillet sera consacrée à la migration et nous y tiendrons une assemblée plénière sur la fermeture des frontières et la liberté de circulation. Cette assemblée sera suivie de deux ateliers de travail sur les mobilisations des migrants au Maghreb ainsi que sur les mobilisations contre les morts et disparitions aux frontières. Ces activités se tiendront de 9h à 17h30 à la faculté de biotechnologie de Monastir.
Le bateau Oloferne prendra ensuite la route de la ville de Ksibet el Mediouni, connue pour ses nombreux départs vers le continent européen. Nous vous y invitons à une conférence de presse qui se tiendra ce vendredi 13 juillet à 19h00 dans le port de Ksibet el Mediouni.
Cette conférence sera suivie d’une action de commémoration aux morts et disparus en mer et d’une projection-débat autour de la thématique.
Cette conférence sera l’occasion de faire le bilan des quatre premières étapes de la campagne 2012 de Boats 4 People en les regroupant sous la thématique des conséquences dramatiques de la fermeture des frontières ainsi que de la liberté de circulation.